Bon, salut à tous !
Ca fait un moment que j’avais pas écrit, les évènements se sont enchaînés et la fin de mon séjour ici va se précipiter.
Je suis donc parti en vacances au Pérou pendant 8 jours fin juin, puis, revenu à Quito, j’ai emménagé chez Charlotte dans le quartier de Guapulo et j’y ai découvert 2 nouveaux colocataires : un couple de clowns (payaso en espagnol), lui Vénézuelien et elle Colombienne. Ils sont marrants et supers bons cuisiniers !
Pour le boulot, bonnes nouvelles : j’ai fait en 3 jours l’identification des insectes de mes prélèvements, alors que je redoutais que ça me prenne 3 semaines, ce qui aurait été plutôt juste à boucler avant mon retour en France, le 26 juillet.
Quant au Pérou, ben c’était un voyage génial !
Ca a d’abord commencé par une drôle de surprise le samedi : Sylvain a loupé son avion et est donc resté à Mexico. Je ne l’ai appris qu’une fois que je me suis décidé à me rendre dans un hôtel de Cuzco qui proposait un accès à internet, après l’avoir attendu en vain pendant 3 heures dans le terminal de débarquement... Hihi, petite leçon de patience et de lâcher prise !
Après avoir passé l’aprèm avec Sam, un Australien rencontré dans un almuerzo (resto qui te sert le repas du midi), je suis allé retrouver Pierre-Yves. Ca a été beaucoup plus simple : il arrivait à 21h au terminal de bus de Cuzco depuis La Paz (capitale de la Bolivie, pays limitrophe). Je l’ai repéré en un clin d’oeil : 1m90, châtain clair aux yeux bleus, parmi des Péruviens d’en moyenne 1m60. On était tout content, ça faisait plus de 2 ans qu’on ne s’était pas vu, on a appris « par hasard » qu’on était en Amérique Latine et on s’est arrangé pour se revoir là.
Je vais vous faire une version sans trop de détails, sinon je n’en finirais pas...
Le dimanche, on s’est baladé dans Cuzco (chouette ville, avec de beaux bâtiments datant de l’époque de la conquête espagnole et des ruines incas dans et autour de la ville), on s’est fait accosté par toutes sortes vendeurs (vêtements et tissus en laine de lama, bijoux, peintures, visites guidées, massages que je soupçonne d’aller en dessous de la ceinture, cannabis, cocaïne, champignons, etc.) et on a fait le tour des agences touristiques pour se trouver une rando de quelques jours pour aller au Machu Picchu.
La rando (le Inca Trail comme ils disent) a duré 4 jours, celles de 2 et 3 jours sont réservées depuis des mois par internet contre des sommes énormes (jusqu’à 800 $, contre environ 200 $ sur place). Le 1er jour à vélo, les 2 suivants à randonner sur « le chemin de l’inca » (un des nombreux sentiers à flanc de montagne qui sillonnaient les Andes et reliaient les villes incas) et le 4ème au Machu Picchu. Un jeune guide péruvien encadrait notre groupe : une Suisse super sympa, 2 Américaines plutôt marrantes, une Finlandaise blonde aux yeux bleus qui s’est faite draguer (et sûrement plus) par le guide, et un couple de Chiliens adorables avec qui j’ai vraiment bien accroché ! C’est étonnant d’avoir passé d’aussi bons moments et d’avoir autant échangé avec des gens qui ne se connaissaient même pas...
Les Incas (1200 à 1500 après JC), c’étaient des oufs, c’est vraiment impressionnant l’énergie qu’ils ont déployée sur le site du Machu Picchu... Ils ont construit une grande cité, avec temples, places publiques et terrassements pour l’agriculture, avec des pierres plus ou moins énormes, qu’ils ont taillé en les rabotant avec d’autres pierres et qui s’imbriquent parfaitement (on ne peut pas glisser une lame de couteau entre elles). Et anti-sismique s’il-vous-plaît ! Car les bases des murs sont faites de petites pierres qui agissent comme un lit de billes lors des tremblements de terre, plutôt fréquent dans le coin. Cette ville secrète et autonome en eau et nourriture avait pour fonctions de servir à l’éducation des jeunes futurs dirigeants (rois, princes, prêtres, prêtresses vierges), de célébrer les cérémonies religieuses (culte au soleil, sacrifices de vierges pour apaiser la montagne après les avalanches et les tremblements de terre) et d’observer les étoiles. Elle est posée sur le sommet un peu plat d’une montagne au milieu d’un cercle presque entier d’autres montagnes... Du genre caché et inaccessible... Et d’une beauté !
Les Espagnols n’ont jamais trouvé le Machu Picchu (découvert en 1900 et quelques) car les Incas ont coupé les chemins y menant. Mais ce ne fut pas non plus leur dernière retraite face à la conquête espagnole. La dernière cité où ils se réfugièrent serait apparemment en Amazonie, toujours cachée sous le secret de la jungle.
Après cette visite, on est retourné à Cuzco avec nos nouveaux potes, partager quelques derniers bons moments avant de prendre un bus pour Nazca (15h dont la majorité de nuit, ça passe vite). Hihi, voir les lignes de Nazca, c’était un rêve de mon adolescence, les livres que j’avais lus m’avaient fasciné... Ben effectivement, c’est énigmatique, ça respire le mystère... Ces grandes lignes tracées au milieu d’un vaste plateau désertique entouré de montagnes basses et rouges... Des grandes figures facilement identifiables : singe, colibri, condor, flamant, arbre, baleine, chien, spirale, araignée ou encore lézard, de 50 à 200m d’envergure... Et aussi un bonhomme qui fait coucou à ceux qui sont montés dans le ciel pour le voir (car les figures sont invisibles du sol, on a pris un mini-avion pour survoler le désert)... Mais aussi des dizaines de lignes, plus ou moins longues (certaines de l’ordre du km) parfaitement droites et qui sillonnent le désert... Et des immenses triangles allongés qui font penser à des pistes d’atterrissage (comme le disent certaines théories en faveur de liens avec des extraterrestres) ou à de grandes aires de cérémonie.
Et puis aussi tous les détails que je vous ai épargnés : le comique de parler en Français, en Anglais et en Espagnol et de finir par tout mélanger, la fête de la ville de Cuzco, les défilés et les danses, i a les apéros, les 4 jours de rando assaillis par des mouches mordeuses et par la beauté du paysage, les baignades dans les sources thermales, les nombreuses infos sur la culture et l’empire inca données par les guides, les magouilles limite arnaque des agences de tourisme pour vendre leurs tours, les heures de bus, la façon dont ont été tracées les lignes de Nazca (des oufs j’vous dis !), la pauvreté du Pérou et les ordures plein la rivière asséchée de Nazca, etc. Et le plaisir que j’ai eu tout au long de ce voyage !
Bon voilà pour l’essentiel !
Bises
Jé
PS : « Gringo », ça vient de l’époque où l’armée américaine occupait le Mexique. Les soldats ricains avaient un uniforme vert et les Mexicains ont pris l’habitude de dire « Green, go ! » pour « Hé le vert, dégage ! ». Et ça a donné gringo. Maintenant, ce terme s’emploie sans distinction pour tout ce qui porte une peau plus ou moins blanche.