Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 15:43

Bon, salut à tous !

Ca fait un moment que j’avais pas écrit, les évènements se sont enchaînés et la fin de mon séjour ici va se précipiter.

Je suis donc parti en vacances au Pérou pendant 8 jours fin juin, puis, revenu à Quito, j’ai emménagé chez Charlotte dans le quartier de Guapulo et j’y ai découvert 2 nouveaux colocataires : un couple de clowns (payaso en espagnol), lui Vénézuelien et elle Colombienne. Ils sont marrants et supers bons cuisiniers !

Pour le boulot, bonnes nouvelles : j’ai fait en 3 jours l’identification des insectes de mes prélèvements, alors que je redoutais que ça me prenne 3 semaines, ce qui aurait été plutôt juste à boucler avant mon retour en France, le 26 juillet.

 

Quant au Pérou, ben c’était un voyage génial !

Ca a d’abord commencé par une drôle de surprise le samedi : Sylvain a loupé son avion et est donc resté à Mexico. Je ne l’ai appris qu’une fois que je me suis décidé à me rendre dans un hôtel de Cuzco qui proposait un accès à internet, après l’avoir attendu en vain pendant 3 heures dans le terminal de débarquement... Hihi, petite leçon de patience et de lâcher prise !

Après avoir passé l’aprèm avec Sam, un Australien rencontré dans un almuerzo (resto qui te sert le repas du midi),  je suis allé retrouver Pierre-Yves. Ca a été beaucoup plus simple : il arrivait à 21h au terminal de bus de Cuzco depuis La Paz (capitale de la Bolivie, pays limitrophe). Je l’ai repéré en un clin d’oeil : 1m90, châtain clair aux yeux bleus, parmi des Péruviens d’en moyenne 1m60. On était tout content, ça faisait plus de 2 ans qu’on ne s’était pas vu, on a appris « par hasard » qu’on était en Amérique Latine et on s’est arrangé pour se revoir là.

 

Je vais vous faire une version sans trop de détails, sinon je n’en finirais pas...

Le dimanche, on s’est baladé dans Cuzco (chouette ville, avec de beaux bâtiments datant de l’époque de la conquête espagnole et des ruines incas dans et autour de la ville), on s’est fait accosté par toutes sortes vendeurs (vêtements et tissus en laine de lama, bijoux, peintures, visites guidées, massages que je soupçonne d’aller en dessous de la ceinture, cannabis, cocaïne, champignons, etc.) et on a fait le tour des agences touristiques pour se trouver une rando de quelques jours pour aller au Machu Picchu.

La rando (le Inca Trail comme ils disent) a duré 4 jours, celles de 2 et 3 jours sont réservées depuis des mois par internet contre des sommes énormes (jusqu’à 800 $, contre environ 200 $ sur place). Le 1er jour à vélo, les 2 suivants à randonner sur « le chemin de l’inca » (un des nombreux sentiers à flanc de montagne qui sillonnaient les Andes et reliaient les villes incas) et le 4ème au Machu Picchu. Un jeune guide péruvien encadrait notre groupe : une Suisse super sympa, 2 Américaines plutôt marrantes, une Finlandaise blonde aux yeux bleus qui s’est faite draguer (et sûrement plus) par le guide, et un couple de Chiliens adorables avec qui j’ai vraiment bien accroché ! C’est étonnant d’avoir passé d’aussi bons moments et d’avoir autant échangé avec des gens qui ne se connaissaient même pas...

Les Incas (1200 à 1500 après JC), c’étaient des oufs, c’est vraiment impressionnant l’énergie qu’ils ont déployée sur le site du Machu Picchu... Ils ont construit une grande cité, avec temples, places publiques et terrassements pour l’agriculture, avec des pierres plus ou moins énormes, qu’ils ont taillé en les rabotant avec d’autres pierres et qui s’imbriquent parfaitement (on ne peut pas glisser une lame de couteau entre elles). Et anti-sismique s’il-vous-plaît ! Car les bases des murs sont faites de petites pierres qui agissent comme un lit de billes lors des tremblements de terre, plutôt fréquent dans le coin. Cette ville secrète et autonome en eau et nourriture avait pour fonctions de servir à l’éducation des jeunes futurs dirigeants (rois, princes, prêtres, prêtresses vierges), de célébrer les cérémonies religieuses (culte au soleil, sacrifices de vierges pour apaiser la montagne après les avalanches et les tremblements de terre) et d’observer les étoiles. Elle est posée sur le sommet un peu plat d’une montagne au milieu d’un cercle presque entier d’autres montagnes... Du genre caché et inaccessible... Et d’une beauté !

Les Espagnols n’ont jamais trouvé le Machu Picchu (découvert en 1900 et quelques) car les Incas ont coupé les chemins y menant. Mais ce ne fut pas non plus leur dernière retraite face à la conquête espagnole. La dernière cité où ils se réfugièrent serait apparemment en Amazonie, toujours cachée sous le secret de la jungle.

 

Après cette visite, on est retourné à Cuzco avec nos nouveaux potes, partager quelques derniers bons moments avant de prendre un bus pour Nazca (15h dont la majorité de nuit, ça passe vite). Hihi, voir les lignes de Nazca, c’était un rêve de mon adolescence, les livres que j’avais lus m’avaient fasciné... Ben effectivement, c’est énigmatique, ça respire le mystère... Ces grandes lignes tracées au milieu d’un vaste plateau désertique entouré de montagnes basses et rouges... Des grandes figures facilement identifiables : singe, colibri, condor, flamant, arbre, baleine, chien, spirale, araignée ou encore lézard, de 50 à 200m d’envergure... Et aussi un bonhomme qui fait coucou à ceux qui sont montés dans le ciel pour le voir (car les figures sont invisibles du sol, on a pris un mini-avion pour survoler le désert)... Mais aussi des dizaines de lignes, plus ou moins longues (certaines de l’ordre du km) parfaitement droites et qui sillonnent le désert... Et des immenses triangles allongés qui font penser à des pistes d’atterrissage (comme le disent certaines théories en faveur de liens avec des extraterrestres) ou à de grandes aires de cérémonie.

 

Et puis aussi tous les détails que je vous ai épargnés : le comique de parler en Français, en Anglais et en Espagnol et de finir par tout mélanger, la fête de la ville de Cuzco, les défilés et les danses, i a  les apéros, les 4 jours de rando assaillis par des mouches mordeuses et par la beauté du paysage, les baignades dans les sources thermales, les nombreuses infos sur la culture et l’empire inca données par les guides, les magouilles limite arnaque des agences de tourisme pour vendre leurs tours, les heures de bus, la façon dont ont été tracées les lignes de Nazca (des oufs j’vous dis !), la pauvreté du Pérou et les ordures plein la rivière asséchée de Nazca, etc. Et le plaisir que j’ai eu tout au long de ce voyage !

 

Bon voilà pour l’essentiel !

Bises



PS : « Gringo », ça vient de l’époque où l’armée américaine occupait le Mexique. Les soldats ricains avaient un uniforme vert et les Mexicains ont pris l’habitude de dire « Green, go ! » pour « Hé le vert, dégage ! ». Et ça a donné gringo. Maintenant, ce terme s’emploie sans distinction pour tout ce qui porte une peau plus ou moins blanche.

Par Jérémie LEBRUNET
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 18:30
Salut les parents !
Merci pour vos commentaires ! Ben ouais effectivement ya pas foule de gens à poster des commentaires, mais je crois quand même qu'ya des gens qui viennent voir, même s'ils ne postent pas. Le fait aussi que je ne réponde pas n'encourage peut-être pas. Hihi, mais c'est pas grave, ça me fait plaisir d'écrire !

Pour les nouvelles, tout va bien ici. Bientôt le week-end, on fait un gros barbecue chez Charlotte demain, 30 personnes, grillades de crevettes et de bananes... !
La semaine prochaine on va sur le terrain à Papallacta, faire des prélèvements d'invertébrés dans les rivières et de végétation sur les berges.
Puis vendredi soir, je prends un avion pour Lima, où je retrouve Coco (certains connaissent, pour d'autres ils s'appelle Sylvain). On prend un autre avion pour Cuzco, où on retrouve un autre pote. Puis Machu Pichu, lac Titicaca, lignes de Nazca, randos, ... trop bien ! 9 jours de vacances avant d'attaquer la dernière ligne droite de mon stage.

Voila, gros bisous à tous !
Par Jérémie LEBRUNET
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 17:04

Hola a todos !

J’espère que tout le monde se porte bien, moi ça va beaucoup mieux que lors du dernier message ! Les antibiotiques ont eu raison de la fièvre typhoïde (une salmonelle) en 3 jours. J’en ai profité pour aller voir un kiné qui m’a fait de l’acupuncture sur toutes les vertèbres et un massage du dos comme on m’en avait jamais fait !

La plaie au menton a bien cicatrisé : je viens de perdre mon premier point de suture ! Hihi, ça fait penser aux dents de lait ! C’est dommage, je l’ai jeté à la poubelle sans penser à le mettre sous mon oreiller... Je le ferai pour les prochains ! Mais... Vous croyez que la petite souris de mon enfance va pouvoir traverser l’Atlantique ???

 

Mon anniversaire c’était le 20 mai (mardi), Charlotte et Virginie m’ont fait une surprise : elles m’ont surpris à 7h du mat’ quand je suis sorti de ma chambre, avec les yeux encore ensommeillés, ne pensant vraiment pas à mon anniversaire ! Avec la complicité de mes colocs qui leur ont ouvert la porte à 6h et demi, elles m’ont préparé un pur petit dèj’ ! Trop bien pour commencer la journée ! J’ai ramené une bouteille de champagne (argentin) au bureau pour trinquer avec mes collègues de boulot et le soir on s’est fait un repas avec des crêpes faites maisons ! Puis on a aussi fait la fête jeudi soir à l’appart ! Guacamole, tartes au citron faites avec amour par Charlotte, Pilsener (la bière nationale) et bonne humeur ! Bacan comme ils disent ici (ça veut dire « Trop bien ! »)

 

D’ailleurs ça faisait un moment que je voulais vous parler de la langue d’ici ! L’Espagnol qui est parlé ici est assez différent de l’Espagnol d’Espagne.

Il est quelque peu américanisé, sûrement dû à la proximité des USA. Cela concerne surtout l’informatique et la politique.

Pour dire un ordinateur, on ne dit pas « ordenador » comme en Espagnol, mais « computador » (computer en Anglais). De même, pour désigner la souris de l’ordi, ils disent une « mouse ». Une clé USB, c’est un « flash ». Un disque dur, c’est un « hardware ». Un ordi portable, c’est un « notebook ». Un logiciel, c’est un « software ». Un téléphone portable, c’est un « celular » ou un « cel ». Une voiture, ce n’est pas une « coche » comme en Espagne, mais un « carro » (car en Anglais). Hihi, ne m’en voulez pas si je précise les mots en Anglais, mais des enfants lisent ce blog (salut Elisa de la part de Mammouth !) et puis je sais que certains Français sont nuls en Anglais !!!

En Français, on conserve l’orthographe du mot anglais. Ici ils en espagnolisent certains : un meeting devient un « mitín » et un leader devient un « líder ».

Ils utilisent un « man » pour désigner un gars, ils disent aussi « full » pour dire plein ou beaucoup. Ils utilisent aussi les verbes catchar (to catch en Anglais : choper, comprendre, ...) et checkar (to check en Anglais : vérifier, consulter, s’assurer, ...)... Le sens de ces 2 verbes est large et peut parfois un peu changer. On fait aussi ça en Français avec ces mots... Hihi, je connais un dénommé Quentin (alias Kant) qui aime bien checker !

Des expressions datant de l’époque de l’occupation espagnole persistent : « A la orden » (à vos ordres) et « Mande » (commandez). Le 1er, ce sont les commerçants qui te le disent quand tu viens de leur acheter un truc et que tu leur dis merci et au revoir. Le 2ème, on te le dit dans le sens de « Quoi ? » quand tu appelles quelqu’un de loin, quand la personne n’a pas compris ce que tu as dit, etc. C’est ainsi que les esclaves s’adressaient à leur maître pour en recevoir les ordres.

Et puis les jeunes ont un langage et des expressions bien à eux. « ¡Chevere! », ça veut dire super. « ¡Bacan! », c’est trop bien. « ¡Lo maximo! », c’est vraiment que tu peux pas faire mieux ! Et quand quelque chose est « ¡De puta madre! », alors là ça atteint le summum ! Et puis si tu veux augmenter l’intensité de quelque chose, tu rajoutes « re » devant : « ¡re-chevere! »

Et ya aussi un truc qu’ils disent tout le temps, c’est « ¡De ley! ». Ca veut dire « C’est clair ! », littéralement « C’est la loi » ou « Par la loi » :

- ¡Esta película (film) es bacán!

- ¡De ley! (et ya l’intonation qui va avec et qui ne passe pas à travers les touches du clavier !).

Ya aussi « De una ! », ça veut dire « Tout de suite » ou « Bien sûr » :

- ¿Vamos a ver esta película?

- ¡De una!  (on pourrait aussi répondre De ley).

Les mecs ont une petite chanson qui les amuse avec cette expression : « ¡De una Mari Luna, tira tu cintura! » (tirar ça veut dire enlever, je vous laisse deviner le sens... !). Le prénom Maria ou Mari peut être associé à pleins de choses : Maria Paz (Marie la paix), Maria Dolores (Marie des douleurs, parce que ça mère a beaucoup souffert en accouchant), Mari Helena, etc.

Le « ya » sert à plein de choses : dire « déjà » (ya vi esta pelicula), demander à quelqu’un s’il est prêt, si ça y est, si c’est prêt ou arrivé ou si ça va, répondre affirmativement à ces questions.

« Taluego » est la contraction très familière de « Hasta luego ». Et « Buenas » un raccourci très familier pour dire « Buenos dias » (le matin), « Buenas tardes » (l’aprèm) ou « Buenas noches » (dès que la nuit tombe et pour dire au revoir). Hihi, j’ai ptêt choqué des gens au début où j’étais ici !

 

Ils emploient aussi beaucoup la 3ème personne : au lieu de « tu » ou « vous », ils disent « il » ou « ils ». C’est la formule de politesse en Espagnol, mais ici pas seulement. Tu dis tu à quelqu’un que tu connais quand tu parles tout seul avec lui, mais si tu parles à plusieurs de tes potes, tu leur dis : « Comment vont-ils ? Qu’ont-ils fait hier soir ? Ils viendront à ma fête d’anniversaire ? ». Ca fait un peu bizarre au début, puis on s’y fait. Le coloc de Virginie m’a dit que celui qui disait « vosotros » (= vous au pluriel), on le regardait comme s’il était fou.

Ils n’utilisent quasiment pas le passé composé, presque toujours le passé simple. Du coup, ça donne : « Que firent-ils hier soir ? » et tes potes te répondent : « Nous allâmes danser à la salsoteca ».

Les tournures de phrases sont différentes également. Par exemple, on met le sujet après le verbe, ou on utilise la forme réfléchie. Heu... J’ai pas d’exemple à me venir... Faut dire que je ne les emploie pas encore très bien, je les entends, je les comprends mais je n’ai pas encore le réflexe de les utiliser. J’ai encore tendance à traduire mot à mot des expressions françaises (alors que par exemple « avant tout » se traduit par « antes que nada », avant que rien...). Alors des fois les gens me regardent comme si je leur parlais Chinois, je suis obligé de répéter. Ha si ! Voila un exemple : j’ai dit plus haut que des expressions datant de l’époque espagnole persistent. Et bien eux diront : persistent des expressions de l’époque espagnole. Je ne saurai pas expliquer pourquoi... Mais des fois je le sens alors je le dis !

Des fois, quand je suis en mode espagnol, quand il me manque un mot de vocabulaire, je n’arrive pas non plus à retrouver dans la langue française le mot que je cherche, ce qui me permettrait de trouver un synonyme... Je me retrouve bloqué, c’est un peu déconcertant ! Heureusement, certains Equatoriens sont très attentifs et font pas mal d’efforts pour comprendre et se faire comprendre (ils acceptent volontiers de répéter plusieurs fois).

 

On me demande souvent si je suis Américain (les chauffeurs de taxi surtout), j’ai l’impression qu’ils me considèrent autrement quand ils apprennent que je suis Français, que je ne suis pas un « gringo ». En général, ils aiment bien la France, ils ont l’air de voir ça comme le pays du romantisme, pleins de jeunes Equatoriens veulent apprendre le Français. Ils le considèrent aussi comme le pays des droits de l’Homme. Certains pensent qu’il n’y a pas de problèmes en France. Hihi, on parle du rêve américain, on dirait qu’ya comme un rêve français qui plane ici !

Toujours d’après mes conversations avec les chauffeurs de taxi, les hommes sont aussi très admiratifs des peaux blanches et des cheveux blonds des femmes occidentales. Ca a l’air d’être des critères de beauté très appréciés.

 

Bon, à plus tard, gros bisous à tous !

 

PS : samedi c’était la journée nationale, férié pour tout le monde, avec obligation d’accrocher le drapeau national sur sa maison sous peine d’amende. Hihi, l’obligation de faire un acte patriotique !

 

PS 2 (mais non, ça veut pas dire Play Station 2 !) : ici, le piratage est national, on trouve dans la rue et dans les magasins des CDs, des DVDs et des logiciels gravés à des prix dérisoires... 0,5 $ le CD, 1 $ le DVD, 5 $ le logiciel (n’importe lequel : Microsoft Office 2007, Adobe Acrobat, Illustrator, Photoshop, etc.). Il n’y a aucune répression policière, c’est tout à fait légal ici ! Je viens de me faire la série des Matrix, en anglais, sous-titré espagnol.

PS 3 : et merci pour tous vos messages auxquels je ne prends pas le temps de répondre mais qui me font très plaisir !

Par Jérémie LEBRUNET
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 22:43

Salut à tous !

Je suis allé faire une petite visite à la clinique Pichincha dimanche, les médecins et les infirmiers sont sympas, et le chirurgien est un artiste (putain heureusement !). En effet, ça faisait 3 jours que j’avais de la fièvre avec fatigue et courbatures, ptêt dues à un virus que j’aurais chopé sur la côte le week-end dernier... Quoi qu’il en soit, dimanche matin, en me levant, j’ai été pris d’un vertige et j’ai perdu connaissance. J’ai repris conscience étendu en travers de mon lit. Je me suis levé une 2ème fois, 2ème vertige, ... Sauf que là je me suis cogné le menton sur ma table de chevet et me suis ouvert jusqu’à l’os. J’ai eu de la chance de pas m’ouvrir aussi l’arête du nez (j’ai une bonne marque), les lèvres (mes dents y ont imprimé 2 profondes plaies) et puis il n’aurait plus manqué que l’arcade !

Pour info, le menton, ça pisse pas le sang, contrairement à ce que j’aurais pensé, à peine qq gouttes... J’avais jamais été recousu (4 points internes et 9 sur la peau), ça me fait une expérience supplémentaire, avec anesthésie locale, tests sanguins pour voir si j’avais pas chopé une merde sur la côte (palu, dingue, ...) ! Les sutures ont été faites proprement, j’aurai une fine cicatrice cachée dans ma barbe... Je pourrais ptêt faire croire que les Farcs m’ont traîné plusieurs jours dans la jungle en me faisant boire de l’eau croupie qui m’a filé la fièvre... et dont je me suis libéré au terme d’un combat valeureux ! Appelez Hollywood !

J’espère juste que ma sécu me remboursera quand je reviendrai en France ! Normalement j’ai un truc spécial accidents corporels à l’étranger, mais d’après ma collègue de stage qui était déjà ici à l’automne, ils te disent « oui oui » quand t’es en France et « non non » quand tu reviens avec ta feuille de soin...

 

Comme le lundi la fièvre a continué plus forte que jamais et qu’à l’hôpital, au lieu de m’identifier le virus, ils voulaient trouver l’origine des vertiges en me faisant des tests pour savoir si j’étais diabétique et un électroencéphalogramme pour savoir si ça venait du cerveau (caillot, tumeur, etc ?)... Ben j’ai préféré aller voir mardi le médecin que tous les Français d’ici vont voir. C’est vrai qu’il est très bien, il m’a posé pleins de questions sur mes symptômes (constipation, fièvre de 17h à midi, vertiges, douleurs au coeur, au dos, à la tête, aux articulations), il a épluché mes tests sanguins (lymphocytes, plaquettes et glycémie bas, granulocytes élevés), il m’a ausculté (certains ganglions douloureux)... Avant de diagnostiquer... Tada ! La fièvre typhoïde ! En fait, le vaccin qu’on m’a fait en France n’est efficace qu’à 65%... Ca laisse de la marge au virus. C’est une salmonelle qui se transmet par voie fécale... Ca veut dire que j’ai mangé de la bouffe préparée par qqn qui ne s’est pas lavé les mains après être allé aux toilettes (qqn d’infecté ou un porteur sain). Ou alors c’est simplement en me baignant dans l’eau de mer : ce week-end férié ya eu beaucoup de touristes sur la côte et les stations d’épuration, ils connaissent pas... Alors tout ruisselle à la mer. Le médecin m’a dit qu’autour de l’embouchure des grands fleuves qui drainent les grandes villes, on pouvait tracer un cercle de contamination d’au moins 70km de diamètre... Du coup, il m’a filé des médocs, j’en ai pour 12 jours de traitement, la fièvre devrait tomber en 3 jours. Je serai ptêt en forme pour la rando du week-end (Illiniza Norte, 5200m) ?

 

En tout cas, je suis soulagé que ce ne soit pas le paludisme (parce que je m’étais fait piquer par des moustiques sur la côte... et que j’avais pas pris mes médocs : trop d’effets secondaires pour seulement 2 jours là-bas). Le médecin m’a vite rassuré : le palu te file une fièvre de cheval qui ne décroît pas pendant plusieurs jours, et ton urine est marron car le parasite détruit tes globules rouges et tu les pisses... Et puis c’est une maladie que tu as à vie, avec des cycles de fièvre qui peuvent revenir tous les ans... Pas cool.

 

Bon en tout cas, ça me fait qq jours de repos, ça change du rythme de boulot soutenu des semaines passées... Ca fait du bien !

Bises !



PS : photos dans l'album Quito

Par Jérémie LEBRUNET
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 22:55
Etant donné que je ne peux plus créer de nouveaux albums photos (chucha !), je mets les nouvelles photos (l'amazonie et le pacifique) dans l'album Divers.
Par Jérémie LEBRUNET
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 18:05

Hola a todos !

Ca faisait qq temps sans nouvelles... Tout va bien, ya pleins de projets qui se dessinent et se précisent au niveau du boulot ici, c’est très excitant ! On va commencer une étude sur une nouvelle rivière, mes identifications de bestioles avancent bien, la coopération avec une chercheuse de l’université où je bosse est en construction, on me demande de faire des exposés sur l’écologie et des formations sur les outils qu’on utilise (analyses statistiques, logiciels, etc.), ... C’est cool !

 

On s’est séparé avec Charlotte, ce fut bref mais intense ! On est en très bons termes. J’ai encore appris des choses sur l’amour et sur moi.

 

Ce week-end, grâce au 1er mai jour international du travail et à son pont, on est allé sur la côte rencontrer le Pacifique, Virginie, Charlotte et moi.

11h de trajet en bus de nuit (9 $) de Quito jusqu’à La Libertad, via Santo Domingo de los Colorados, Quevedo, Guayaquil, ... Avec une seule pause pipi (t’as pas intérêt de boire un thé avant de monter !). Quelle expédition !

On était au fond, près des effluves des chiottes (inutilisables car c’est trop crade pour s’asseoir et debout ça bouge trop), le bus était bondé et surchauffé malgré la clim’, les espaces entre les sièges ne sont pas adaptés aux grandes jambes des Européens, les routes de la région étaient défoncées à cause des fortes pluies dues au dérèglement du phénomène El Niño et les chauffeurs roulaient comme des cinglés... Et à 1h du mat’, contrôle inopiné des flics pour vérifier si on ne transportait ni drogue ni arme. Hihi, c’était folklorique ce voyage !

On était content de descendre à la Libertad à 8h du mat’ ! De là, on a repris un bus pour un trajet d’une heure jusqu’à Ayangue, agrémenté d’une panne d’un quart d’heure avec réparation en direct par le chauffeur.

 

A Ayangue, Luchito nous a accueilli. C’est un ami d’une amie de Charlotte, il nous a hébergés à l’étage inoccupé de sa cabane, construite à la façon traditionnelle de la côte : une armature en bois, debout sur des pieds, avec des cloisons en bambou et des toits en feuilles de palmiers. Luchito, sa femme et le couple de voisin vivent de leur artisanat : ils font des bijoux (ivoire végétal, tressage, perles en bois, coquillages, etc.) qu’ils vendent sur la plage toute proche. Ce week-end férié est une aubaine pour leur commerce, vu le nombre de touristes !

Le Pacifique a une température encore meilleure que la Méditerranée (bon et puis rien à voir avec les 15° de la Bretagne... !), mais il est vachement salé. Le soleil cogne fort, je me suis fait cramer les mollets où j’avais oublié de mettre de la crème... Il fait chaud et humide, c’est écrasant en plein aprèm, rien à voir avec Quito. Dans la crique d’Ayangue, faut slalomer les bateaux des pêcheurs et des touristes, et hors d’Ayangue ya des rouleaux énormes et faut pas s’éloigner du bord... A quelques km au nord se trouve le pueblito de Montañita, un hotspot du surf et de la fête (on n’a fait que de nous proposer de nous y emmener...). Le littoral est pourri d’ordures en tout genre, je ne vous ferai pas de liste, je mettrai juste une photo explicite...

On a mangé des langoustines et du spondylus, un énorme coquillage qu’on cuit dans sa coquille avec une sauce typique (il est en voie de disparition, sa coquille se vend 30 $). Des types arpentent la plage avec des stands roulants, ils rabotent des pains de glace, mettent les copeaux dans un verre avec du sirop (noix de coco, citron, ananas, etc.) et te vendent ça 0,30 $. On s’est fait un barbecue à la plage un soir, on s’est grillé des poissons, des bananes avec du fromage et on a trinqué à l’anniversaire de Virginie et Charlotte a brûlé son billet de retour en France. Ca fait un an et demi qu’elle est en Amérique Latine et compte bien y rester encore un moment.

 

En rentrant dimanche, on s’est arrêté à Guayaquil. C’est la 2ème plus grosse ville du pays (1 million et quelques) avec Quito (2 millions). A elles 2, ces villes comptent pour le quart de la population équatorienne (12 millions) et sont en pleine expansion, ça se construit à toute vitesse. Les mécaniciens trouvent plus facilement du boulot dans le bâtiment.

La périphérie de Guayaquil par où est passé notre bus est une décharge à ciel ouvert, sans système d’évacuation des eaux usées. Ca craint niveau hygiène. Et ça se construit. Le centre de Guayaquil était désert (tout le monde à la plage). On s’est baladé au bord du fleuve Guayas, le long duquel a été aménagé un parc très agréable. On a visité le musée d’art contemporain, où le peintre équatorien Villafuerte exposait ses tableaux. Pas mal. Faut voir, ça sert à rien que je fasse un commentaire en 3 volumes de son oeuvre...

Chaleur écrasante, on est allé se posé à l’ombre d’une terrasse boire une Pilsener bien fraîche (c’est la bière nationale ici), dans le quartier de Santa Anna, une grosse colline au milieu de la ville. Du coup, très belle vue sur Guayaquil. Le quartier était auparavant un repaire de brigands, mais le maire actuel a fait du nettoyage par des vagues d’arrestation, a fait aménager des rues piétonnes, a fait rénover les façades de ces rues (si tu jettes un oeil au 2nd plan, c’est toujours un bidonville) et a fait afficher sur ces façades des photos du genre avant-après pour se faire de la pub. Charlotte est partie nous chercher des trucs à grignoter dans une épicerie des petites ruelles, la commerçante lui a dit de ressortir du quartier en courant, si elle et sa peau blanche ne voulaient pas faire pas mourir.

 

Un week-end bien rempli !

A bientôt et gros bisous à tous,

 

Par Jérémie LEBRUNET
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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /Avr /2008 18:33

Salut à tous !

Un long message après un long silence pendant lequel il s’est passé pleins de choses... !!!

 

A commencer par Charlotte qui m’a embrassé samedi matin (ya plus d’une semaine). Trop bien ! Hihi, la vie nous fait parfois des blagues (et de bonnes surprises !) : la veille au soir je disais à un pote que je me sentais très bien en tant que célibataire... Ben en fait, je me sens aussi très bien avec Charlotte ! C’est la personne qui me convient parfaitement aujourd’hui !

 

Le dimanche, on est allé randonner au Pasochoa, mais sous la brume. Alors j’ai pas pris beaucoup de photos. On s’est pris la pluie... qui nous a quand même accordé une accalmie le temps de pique-niquer au sommet, enveloppés d’un blanc cotonneux... Puis en redescendant... Complètement trempés... On s’est même fait une bataille de poignées de grêle en sautant dans les flaques ! La montagne entière ruisselait, et les endroits où était tombé de la grêle semblaient enneigés.

 

La semaine : boulot. J’ai encore fait le nomade avec ma caisse jaune remplie de boites en plastique, elles-mêmes remplies de bestioles flottant dans l’alcool. Je suis allé à l’Université San Francisco, située en périphérie de la ville, pour découvrir que le microscope dont on m’avait parlé ne grossit pas assez (x 4 seulement) pour mon boulot d’identification... Bon, j’y ai quand même passé 2 jours parce qu’ils avaient des documents intéressants.

Du coup, j’ai pu découvrir un peu cette université (la 3ème où je me rends). C’est un campus à l’américaine, avec beaucoup d’espaces verts et des bâtiments luxueux : colonnades, cours intérieures, coupoles, ... C’est une université privée, réservée à des gens d’origine aisée : assister à un cours d’ 1h toutes les semaines d’un semestre coûte 300 $, soit 450 $... ! Et ils en sont à environ 15 à 20h par semaine. En 3ème année, ils ont un projet d’étude à élaborer mais seulement une partie est acceptée par les labos de recherche. Une pote, Luisa, a vu son projet refusé. A la place elle est obligée de suivre 4h de plus par semaine... Elle fait la gueule.  

 

Ce week-end, avec Charlotte et Virginie, on est allé dans la selva (= forêt). 5h de bus (sans pause, t’as pas intérêt de trop boire avant !) sur des routes défoncées, dont des pans entiers partent avec des glissements de terrain... Ils reconstruisent, comblent et solidifient... Par endroit on peut même pas lire : l’oeil n’arrive pas à attraper la ligne ! Les plantes poussent partout, même sur les parois rocheuses verticales, elles paraissent déborder de partout, tellement ya d’humidité et de chaleur. Les bambous font des bouquets de 10m de diamètre sur 30m de haut. Dans cette selva vivent une 40aine d’espèces de colibris aux couleurs étonnantes, comme celles des papillons ! Ya aussi des lamas, mais ils ne m’ont pas craché dessus ! Les communautés traversées sont désignées par le numéro du km auquel elles se trouvent (ya pas 50 routes en Amazonie). Le chauffeur est secondé d’un crieur, qui gueule les destinations en approchant des arrêts de bus, et t’as intérêt de réagir parce que le bus s’arrête à peine pour te faire monter ou descendre !

Tout ça pour nous rendre à Archidona, pour la fête de la chonta, le fruit de la palme. Avec la palme, les communautés de la selva font pleins de choses, alors ça mérite bien une fête ! Avec le bois, des constructions, des meubles, divers objets, ... Avec le coeur et les larves d’insectes (chontacuru) qui y prolifèrent, de la bouffe... Et oui ! J’ai mangé de la larve grillée ! Elles sont frites dans leur propre graisse ! Ca a un goût gras, sans rien de plus remarquable, faut pas manger la tête car elle est dure... Y avait un marché où on s’est fait dévisagés (j’ai pas vu d’autres blancs), des tournois sportifs entre les communautés, le soir ya eu un concours de danses entre ces mêmes communautés. Vachement chouette ! Hihi, ya même la danse de la chontacuru !

 

Le soir on a dormi chez des amis à Charlotte, parmi les bruits de la forêt (insectes, vents, oiseaux) et le lendemain matin, le grand-père nous a guidé pour faire la visite des cavernes de Jumandi. A l’entrée, faut nager pour accéder aux galeries creusées par l’eau. Des chauves-souris sont accrochées aux dépôts calcaires des voûtes. Des grillons aveugles emplissent l’obscurité d’un léger chant. Des stalactites et des stalagmites forment des petites villes blanches et crème. La forte teneur en argile du sol le rend glissant sous nos pieds nus et humides.

A un moment, une énorme stalactite obstrue la galerie : c’est le Sexe de Jumandi (un peu plus loin, ya le sexe du Diable, plus petit par contre !). Le grand-père nous explique que Jumandi est un grand guerrier indigène qui a empêché les Espagnols d’envahir ce territoire lors de leur conquête des Amériques. Il a fait des réserves de nourriture dans ces grottes pour alimenter ses guerriers, et y a aussi caché sa famille. Alors la grotte est pleine de son pouvoir. Des gens y font des retraites de plusieurs jours dans l’obscurité, y mangent de l’ayahuasca (un cocktail de plantes hallucinogènes) et y demandent du pouvoir au sexe de Jumandi. Le grand-père nous a dit que depuis qu’il l’a fait, il n’a plus jamais été malade.

Un peu plus loin, on trouve une cascade. Elle est de telle configuration qu’elle a creusé un trou d’ 1m de diamètre sur 5m de profondeur et un autre de la taille d’une baignoire, de 2m de profondeur. Sympa comme baignade !

Et puis on est rentré après avoir remercié tout le monde de l’accueil.

 

Bon allez, j’en ai assez dit ! Gros bisous à tous !

Jé... Parfois appelé Jéronimo, ça parle plus aux Equatoriens que Jérémie
Par Jérémie LEBRUNET
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /Avr /2008 16:16
Salut à tous,
Je viens de lire un article dans The Ecuador Reporter (oui, c’est un journal en anglais, je ne sais pas ce qu’il fout ici hihi !) qui parle des communautés indigènes. En fait, elles sont fortement impliquées dans le processus de la « Constituante » qui vise à donner à l’Equateur une nouvelle constitution (je vous en avais déjà parlé au sujet du droit à l’avortement notamment).
Le 11 mars, une grande manifestation a rassemblé dans Quito 15 000 personnes des différentes communautés indigènes et minorités de la côte (où il y a une importante population noire dite afroecuadoriana, originaire de l’esclavage, ils sont très grands), des highlands (les Andes quoi) et de l’Oriente (l’Amazonie). Ils revendiquent leur droit à exister en tant que groupes sociaux et culturels (coutumes et langues, notamment le Quechua, ils réclament des écoles qui l’enseignent), ils ne veulent plus être exclus, ils veulent être légalement reconnus par la Constitution. Ils ne veulent pas que l’Etat privatise les ressources des terres indigènes car ils ne veulent pas qu’elles tombent aux mains des pétroliers, des mineurs, des compagnies d’eau, de la surpêche et des investisseurs équatoriens et étrangers. Ils préfèrent que ces terres et ressources restent au patrimoine national pour les protéger.
Ils en profitent pour réclamer la suppression de la base militaire US à Manta, qui est pour eux un symbole de la façon dont les Etats-Unis ont récemment créé des tensions entre les pays d’Amérique Latine.

Mais ici à Quito, il y a peu de gens qui sont au courant de ces mouvements de manifestations ou qui s’en préoccupent. Les grands journaux n’en parlent pas. D’après un pote Equatorien, ces journaux sont de droite et passent leur temps à critiquer le gouvernement (de gauche). Leurs informations sont partielles, orientées voire mensongères : « Ils ne nous disent que ce qu’ils veulent bien nous dire ». Il n’y a que très peu de presse libre et elles tournent principalement dans le milieu universitaire. Autrement, il y a El Universo, mais il ne parait que tous les 15 jours et ne relatent que des faits, sans émettre d’opinion politique.
Par contre, la presse people a un fort succès, avec des photos choc : des morts, des femmes nues, etc. Il paraît qu’au Pérou c’est encore plus développé.

Le matin pour aller au boulot, c’est agréable : je traverse le grand parc de la Carolina, en pleine ville, planté essentiellement d’eucalyptus et de pins. Beaucoup de gens y font leur footing ou du vélo entre 5h et 7h du matin (ici on est très matinal). Des équipes de foot viennent y faire leurs exercices. Tous les jours, je croise une mamie qui marche en faisant des mouvements de bras, des torsions du buste, ... C’est sympa.

A +

Par Jérémie LEBRUNET
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /Avr /2008 23:35

Salut,
J'ai un souci avec le blog : ça fait 2 jours que je ne peux plus publier de nouveaux albums photos, la fonction a disparu suite à une maintenance du site... Et le webmaster ne me répond pas. Alors j'ai mis les nouvelles photos (celles de la rando-aventure au Cotacachi) dans l'album "Volcans". Ya donc 7 photos de l'Imbabura et 21 photos du Cotacachi.
Je mettrai bientôt des photos de bouffe (des fruits notamment) dans l'album "Divers".

Voilà, j'espère que le problème sera bientôt résolu ! Bon diaporama !

Par Jérémie LEBRUNET
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 18:14

Salut !

Ce week-end, je suis encore allé faire de la rando sur un volcan : le Cotacachi. Heureusement qu’on m’a prêté du matos ! J’ai fait mon baptême de glacier !

On est parti à 5h30 du mat’, une heure de 4x4 sur une route dans un état abominable... Un peu avant 7h, on était rendu au parking à 4000m, près d’antennes relais. Le soleil se levait, je vous laisse savourer les photos... Puis on a commencé l’ascension, d’abord dans le paramo (les hautes herbes sèches), puis sur des pentes de graviers et de sables, puis les 1ères traces de neiges sont apparues. Ca file chaud, ça fait se sentir vachement vivant, je sentais mon corps content de l’effort physique !

Au bout d’un moment, il a fallu chausser les crampons, la neige devenait omniprésente. Et là, une rude ascension a commencé ! Piolet, bâton, heureusement la neige était bonne, mais quand c’est la 1ère fois, c’est pas évident de savoir ce qu’on peut faire, jusqu’à quel point il est prudent de s’assurer, à partir de quel point on perd du temps.

Arrivé au 1er pallier, j’avais envie de m’arrêter, ça tirait méchamment sur les muscles. Et puis on m’a redonné courage, on est reparti, on a franchi le 1er col (2ème pallier). Puis on a attaqué une pente super raide où il fallait être très prudent. A 11h, on est arrivé au 3ème pallier, à 4700m. Et là, j’ai eu la sagesse de reconnaître qu’il était au-delà de mes forces et de ma technique d’escalader les 200 derniers mètres de paroi verticale friable... Je ne le sentais vraiment pas. 5 types (un peu suicidaires ? inconscients ? sûrs d’eux ?), dont le glaciologue évoqué dans un texte précédent, se sont encordés et ont entamé l’escalade de ce qu’on appelle une cheminée, dans le froid et parfois la brume (ne sachant donc même pas vers où ils grimpaient). En ¾ d’heure, ils avaient fait 50m, on avait eu le temps de casse-croûter.

On a commencé à avoir froid, alors on a décider de redescendre et de les laisser à leur affaire. Et juste à ce moment-là, on s’est pris une averse de grêle. 5 personnes sont parties devant moi, assez pour abîmer les traces faites dans la neige sur la paroi abrupte... Un gars a glissé sur 2 ou 3m et s’est heureusement rattrapé en plantant son piolet... J’ai commencé à avoir peur, d’autant plus que des plaques de neige se détachaient sous mes crampons et que des rivières de grêles dévalaient la pente autour de moi... En fait, j’ai fait de la luge pour descendre !

Arrivé au 2ème pallier, je me suis senti moins en danger. Ensuite, cela a juste été dur musculairement. A cette altitude, on n’avait presque plus de grêle, mais pour les autres restés là-haut... Encore plus bas, on a enlevé les crampons, et on a retrouvé les graviers et le sable. Ca faisait des mini-éboulements sous les pieds, je me suis amusé à faire du surf ! C’était marrant !

Revenus aux voitures, on a mangé un peu, discuté... Au bout de 2h, on commençait à vraiment s’inquiéter pour les autres, à se demander si y en avait pas un qui était tombé, ... En plus, ici, avant de mobiliser un hélico pour aller chercher quelqu’un... Bref, des inquiétudes, des suppositions pour finalement voir les gars débarquer, trempés, un peu froids, mais heureux, contents de leur exploit ! Ils étaient parvenus au sommet (on appelle ça « couronner »), un sommet en aiguille où on peut à peine tenir à 2, noyés dans une mer de nuages...

 

Dans 15 jours, ce groupe de gens s’attaque à un autre volcan : 6h de grimpette, donc 4 sur le glacier... On va voir.

 

Bon, allez, à bientôt !

Par Jérémie LEBRUNET
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